Florian Lebrasseur

26 novembre 2017

Michel Gladu, un des premiers collaborateurs de Sport et Société en 1999, est l’auteur du livre « Les seigneurs du ring » qui relate l’histoire de la boxe québécoise. Sport et Société le remercie pour sa collaboration.

Mieux connu aux États-Unis sous le nom d’Al McCoy, Florian Lebrasseur est né à Winslow dans le Maine le 22 mars 1913. Ses parents étaient originaires de la Beauce et comme beaucoup de Canadiens français pour l’époque, avaient déménagé au Maine afin d’améliorer leur condition de vie.

Encore adolescent en 1930, Lebrasseur s’installe à Beauceville et pendant un temps y fait la coupe de bois. Après quelques concours de boxe amateur en Beauce, il passe professionnel à Beauceville le 2 octobre 1932. Il accumule bon nombre de victoires et un KO sur le vieux noir Montréalais Battling Johnson attire l’attention des promoteurs de Nouvelle-Angleterre. De 1933 à 1935 Lebrasseur multiplie les victoires dans le plus vieil état américain et, par la suite, il remplit  le Boston Garden lors de combats chez les poids mi-lourds face à Bob Goowin, Sammy Slaughter, Al Gainer, le Suédois John Andersson et le Franco-américain Bud Migneault.

Passant sous la gérance tour à tour de John Buckley puis de Leo Flynn, Lebrasseur revient au Québec disputer un grand nombre de combats au Forum de Montréal face à Billy Jones, Joe Knight, Abie Bain et le futur champion mondial des poids mi-lourds, Bob Olin. À Boston le 20 septembre 1935 il bat l’ex-champion mondial des poids moyens, le franco-américain Lou Brouillard! À Québec il abat le poids lourd Larry Johnson et triomphe du Manitobain Charley Bélanger en 15 rounds. Incapable d’obtenir un combat de championnat mondial chez les poids mi-lourds, Lebrasseur  » passe  » chez les poids lourds malgré son poids de 180 livres.

De 1937 à 1940 soit à Montréal où à Boston, il livre des combats qui sont restés légendaires : face au champion poids lourd de France, André Lenglet par 2 fois, le champion poids lourd canadien Tiger Warrington et le Montréalais Oliver Shan. Ce sont par contre ses combats face aux aspirants de Joe Louis qui retiennent l’attention : des combats face à des hommes plus lourds que lui et ayant une solide réputation de bagarreur : des pugilistes comme Gus Dorazio, Bob Pastor, Nathan Mann, Buddy Knox, Harry Thomas, Melio Bettina et Billy Conn.

Maintenant classé parmi les 5 premiers aspirants au monde,Lebrasseur s’entête à vouloir défier le champion mondial Joe Louis. Celui-ci n’est guère tenté de défendre son titre en Nouvelle-Angleterre et fait d’abord la sourde oreille. Le champion défend son titre plus souvent à New York, Chicago ou Détroit et exige une garantie d’argent plus forte.

Finalement et voulant demeurer un champion actif, Joe Louis consent à défendre son titre au Boston Garden face à ce batailleur canadien-français qui plaît par son courage et sa détermination. On connaît la suite : hormis son grand courage et sa grande force physique, notre compatriote subit toute une raclée, mais il se vantera toujours de n’avoir jamais pris le compte de 10 même face au redoutable Joe Louis…

Après ce combat, Lebrasseur ne fut plus jamais le même et ne livra qu’un seul combat de retour en 1942, ce après quoi il mettra un terme final à sa carrière de pugiliste. Certains disent qu’il est retourné en Beauce dans les années 1950 et y a fait de la promotion de combats de boxe. Mais les dernières traces de l’ardent bagarreur beauceron, on les retrouve dans le Maine où il a terminé sa vie ! On se souviendra de lui comme ayant été le seul boxeur poids lourd Canadien-français d’avant les années1960 à voir rempli le forum de Montréal. En tout, il aura livré 87 combats (66 victoires dont 33 KO. 17 défaites et 4 combats nuls) de 1932 à 1942.

Photo: Florian Lebrasseur alias Al McCoy.
Source: en.wikipedia.org.

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