L’hippodrome
Blue Bonnets

27 décembre 2017

Pendant plusieurs décennies, les amateurs de courses de chevaux se rendaient à l’hippodrome Blue Bonnets afin d’assister aux multiples épreuves qui se sont déroulées sur cette infrastructure sportive.

Les travaux de construction de Blue Bonnets débutent en 1906. Un an plus tard, le 4 juin 1907, on inaugure la piste de course de chevaux. À cette époque, l’hippodrome est situé en plein champ et les amateurs de courses de chevaux doivent se taper une bonne marche s’y rendre. Plusieurs milliers de parieurs embarquent à bord de trains spéciaux partant de la gare Windsor. D’autres se rendent sur place avec leur voiture ou « buggey ».

Selon les observateurs de l’époque, plus de 7000 personnes assistent au premier programme de course organisé par le Montreal Jockey Club. L’épreuve principale de cette journée d’inauguration est dotée d’une bourse de 500 $, plus 50 guinées offertes par la Reine d’Angleterre, rien de moins. La distance à parcourir est d’un mille et un quart soit environ deux kilomètres. Les inscrits sont Well Diver, Okis, Woodbine, Guinea Gold, S.S.B., Ariel, Lachine, Harmony, Rocky Tom, Zetha et Mignonette.  Ah, Mignonette…  Malgré ce nom évocateur, c’est Woodbine qui remporte l’épreuve.

Selon un document publié sur le site de la défunte société Attractions hippiques (qui a déclaré faillite en 2009 ), le Montreal Jockey Club verse des bourses totalisant 76275$, soit 3000$ par programme lors de sa première année d’existence.

En 1932, Léo Dandurand, Léo Létrourneau et Joe Cattarinich, trois sportifs bien connus au Québec, se portent acquéreurs des installations. Après diverses transactions, Jean-Louis Lévesque devient propriétaire de l’Hippodrome Blue Bonnets en 1958. Sept ans plus tard, en 1965, la piste passe dans les mains d’un holding présidé par Paul Desmarais. D’autres transactions surviendront par la suite.

Signe d’une grande popularité des courses de chevaux, la moyenne des paris en 1981 est de près d’un million par jour, alors qu’elle n’était que de 25000$ au cours des années 1950. Mais la ferveur populaire envers ce sport décline sérieusement au tournant des XXe et XXIe siècles. Selon un article publié sur la lapresse.ca, le 14 octobre 2009, la « société Attractions Hippiques, qui était en restructuration depuis plus d’un an, cesse ses activités et dépose un avis d’intention de soumettre une proposition conformément à la Loi sur la faillite et l’insolvabilité. » La fermeture de l’hippodrome amène la Ville de Montréal à vouloir transformer l’ancien centre hippique en développement résidentiel.

Témoins d’une autre époque, les courses de chevaux sont bel et bien mortes au Québec depuis ce temps.

Sources:
Site internet attractionshippiques,ca, consulté le 18 mai 2008.
« Attractions Hippiques déclare faillite ». Site internet lapresse.ca, section Affaires,14 octobre 2009. Consulté le 27 décembre 2017.

Photos :
Carte postale de l’hippodrome Blue Bonnets. Année inconnue. Source: grandquebec.com.
Lots de trois billets des années 1960 de Blue Bonnets. Collection Normand Dumoulin.

Sport et Société vous suggère quelques images à voir conservées à la BAnQ et diffusées dans un article intitulé : Exacta, Trifecta ou Superfecta, mis en ligne le 15 décembre 2016 dans le blogue Instantanés, la vitrine des archives de la BAnQ.

Paul Foisy, 27 décembre 2017.

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