Sports olympiques:
le ski alpin

28 janvier 2018

Chercheur en histoire du sport depuis 1995, Paul Foisy est l’auteur d’une biographie consacrée au marathonien Gérard Côté. Auteur de nombreux textes, il a collaboré au «Dictionnaire des Grands Oubliés du sport au Québec», publié en 2013 chez Septentrion.

 Le ski alpin
Les compétitions de ski alpin seront présentées les 11, 12, 13, 14, 15, 17, 18, 21, 22, 23 et 24 février 2018 dans le pôle de montagne de PyeongChang au Centre alpin de Yongpyong et au Centre alpin de Jeongseon. Chez les femmes, les Jeux de 2018 présenteront la Descente, le Super-G, le Slalom géant, le Slalom et le combiné alpin. Du côté des hommes, les skieurs pourront concourir en Descente, en Super-G, en Slalom géant, en Slalom et en combiné alpin. Il y aura également l’Épreuve par équipes entre nations qui prendra la forme d’une compétition parallèle qui utilisera les portes et fanions du Slalom géant. Le tournoi réunira seize équipes, formées de deux hommes et deux femmes, provenant de seize nations différentes.

Descente : La descente se déroule sur le parcours le plus long (une pente de 2,857 mètres avec un dénivelé vertical de 825 mètres pour les hommes et de 2710 mètres avec un dénivelé vertical de 730 mètres pour les dames) et le plus rapide de toutes les épreuves de ski alpin. Chaque skieur effectue une seule descente et celui qui obtient le meilleur temps remporte l’épreuve.

Slalom : Le slalom se déroule sur le parcours le moins long (1 800 mètres pour les hommes et 140 mètres pour les dames) avec des virages très serrés. Chaque skieur effectue deux descentes sur deux parcours différents tracés sur la même piste. Les deux manches ont lieu la même journée; la première est généralement présentée le matin et la deuxième en après-midi. Les temps sont additionnés et le skieur qui obtient le temps le plus rapide est déclaré gagnant.

Slalom géant : Également connu sous l’appellation SG, le slalom géant exige des virages moins nombreux que pour le slalom. Les virages sont donc plus larges et plus lents. Chaque skieur doit effectuer deux descentes sur deux parcours différents tracés sur la même piste. Les deux manches ont lieu la même journée. Les temps sont additionnés et le skieur qui obtient le temps le plus rapide gagne l’épreuve.

Super-G: Le super-G, ou slalom super géant combine la vitesse de la descente à la précision des virages du slalom géant. Le parcours est moins long que celui de la descente, mais plus long que celui du slalom géant. Chaque skieur effectue une descente et celui qui obtient le temps le plus rapide gagne l’épreuve.

Super combiné : Le super combiné allie la descente au slalom. Les skieurs effectuent une descente et deux manches de slalom sur un parcours relativement court. Tout comme pour les épreuves de slalom, les temps sont additionnés pour déterminer le vainqueur. Les parcours utilisés ont ceux des épreuves de la descente et du slalom. »

Un peu d’histoire
Aujourd’hui, plusieurs compétitions de ski attirent l’attention de millions de téléspectateurs lors des Jeux olympiques. Le ski de fond, alpin et acrobatique, le biathlon, les sauts, le combiné nordique et le surf des neiges sont autant de disciplines qui marquent l’évolution de la pratique du ski. Mais au départ, il y a deux planches sur lesquelles on glisse sur la neige. Le ski de fond est ainsi la plus vieille discipline du ski. D’abord utilisé de façon utilitaire, le ski est un mot norvégien, dérivé du terme « skid » qui désignait une lame de bois fendue. Le nom en traduit bien l’origine.

Après la randonnée en raquette de neuf pieds d’un certain A. Birch en 1879, le ski se répand peu à peu dans les différentes régions du Québec. (Consultez le texte Sports olympiques: ski de fond pour plus de détails sur l’apparition du ski au Québec.)

Au début du XXe siècle, certains membres de clubs de ski montréalais se rendent dans la région des Laurentides pour pratiquer leur sport favori. En1911, un Suisse nommé Émile Cochand, s’installe dans un hôtel de Saint-Agate avec plusieurs paires de skis. Ce skieur accompli deviendra le premier moniteur de ski en Amérique. Commence alors les fondements d’une véritable industrie touristique.

Pour les différents villages des Laurentides et des autres régions montagneuses du Québec, le ski devient peu à peu un facteur de développement. C’est sans aucun doute le progrès technologique qui est le carburant de ce moteur de l’industrie touristique.

En 1927, le Canadien National offre des voyages vers les Laurentides. Ces « trains à neige » déversent des centaines de skieurs qui veulent s’amuser en plein air. L’idée de trains nolisés n’est pas nouvelle en soi, puisque depuis longtemps les compagnies offrent des trains spéciaux pour assister à des courses de chevaux ou à des parties de baseball. À la fin des années 1920 et jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les « trains à neige » demeurent le principal facteur de développement du ski. Par la suite, la voiture deviendra le principal moyen de transport vers les centres de ski.

Mais les skieurs qui veulent dévaler les pentes doivent les monter avant de jouir de l’ivresse de la descente. Afin de leur faciliter la tâche, certains individus réfléchissent à différents systèmes. En 1932, on installe le premier remonte-pente le long de la Big Hill de Shawbridge. Ce nouvel équipement qui parsèmera peu à peu les montagnes du Québec par la suite favorisera l’essor du ski alpin au détriement du ski de fond. Les systèmes d’enneigement artificiel et de meilleurs skis, dotés de fixations plus performantes, contribueront également à assurer le développement de la discipline.

Pour répondre à la forte demande de skieurs qui veulent en apprendre les rudiments ou peaufiner leur technique, plusieurs centaines de moniteurs succèderont à Émile Cochand. En 1939, ces individus se regroupent au sein de l’Alliance des moniteurs de ski au Canada en souhaitant uniformiser les méthodes d’enseignement.

En 1929, sur la Big Hill de Shawbridge, lors des championnats du Dominion, on présente la première compétition de slalom au Canada. L’année suivante, le slalom et la descente seront reconnus officiellement par la Fédération internationale de ski.

Certains individus, plus talentueux que d’autres, sinon plus passionnés, se distingueront dans ces nouvelles disciplines. Des épreuves comme le Quebec – Kandahar Cup (1932) et la Taschereau Downhill Race (1936) permettrons à des membres du club Red Birds Ski Club, tels George Jost et Harry Pangman à s’illustrer.Les frères Gillespie de Saint-Agathe seront également de fiers compétiteurs au cours des années 1930 et 1940. Chez les Canadiens français, il faut mentionner Viateur Cousineau et son ami Louis Cochand.

Chez les femmes, certaines parviendront également aux sommets de leur sport. Le Pinguin Ski Club, le premier club de ski féminin, est formé en 1933. Deux ans plus tard, on présente les premiers championnats féminins au mont Tremblant. Madeleine McNichols et Peggy Johannsen, la fille de « Jack Rabbitt » terminent respectivement première et deuxième. Ces dames seront suivies des sœurs Rhona et Rhoda Wurtele, Yvonne Gosmer, Patricia Paré et Gaby Pleau.

Alors que Rhoda Wurtele est en mesure de prendre part aux Jeux olympiques d’hiver de 1948 et 1952, c’est Lucile Wheeler, une jeune fille de Mont-Tremblant, qui parvient à décrocher la première médaille canadienne en ski alpin. Elle réalisera cet exploit en 1956, lors des Jeux de Cortina d’Empezzo, où elle obtient une médaille de bronze en descente. Deux ans plus tard, elle remportera le Championnat du monde en descente et en combiné à Bad Gastein, en Autriche. D’autres athlètes lui succèderont comme Linda Crutchfield, Nancy Holland, Jean Lessard, Jean-Guy  Brunet et Peter Duncan.

Au cours des années 1960, le ski alpin est désormais bien implanté dans différentes régions du Québec. À Montréal, un événement majeur viendra stimuler la pratique de cette discipline. En effet, en 1963, le père Marcel de la Sablonnière organise un premier salon du ski qui attire 10 000 visiteurs au Centre Immaculée-Conception. L’année suivante, le salon se déroule au Palais du commerce sous le thème « ski pour tous ». Plus de 40 000 visiteurs parcourent les soixante-deux kiosques de l’exposition.

Plus près de nous, d’autres athlètes suivront les traces de leurs prédécesseurs. Parmi eux, notons la présence de Mélanie Turgeon, championne du monde junior en 1993 et 1994 qui a pris part aux Jeux olympiques de Lillehammer, Nagano et Salt Lake City.

Le surf des neiges (Snowboard)
Depuis une trentaine d’années, une nouvelle discipline est apparue sur les pentes. Aux Jeux de Nagano en 1998, on présente le surf des neiges, reflet de notre époque. Cette discipline s’inscrit dans la continuité où l’homme cherche de nouvelles sensations : raquette, ski de fond, ski alpin et surf des neiges. Bien que le développement du ski alpin à contribué au déclin de la raquette et du ski de fond à une certaine époque, il doit aujourd’hui partager son espace avec le surf des neiges.

Selon le site PyeongChang 2018 le surf des neige est une « [s]pécialité qui utilise une planche pour descendre une pente enneigée, le snowboard s’est développé dans les années 60, aux États-Unis. Depuis, Il est devenu un sport que peuvent apprécier des gens de tous pays. Il a été inscrit au programme olympique lors des Jeux Olympiques d’hiver de 1998, à Nagano (Japon).
Aux Jeux Olympiques, le snowboard comprend 10 épreuves individuelles : slalom géant parallèle (dames et messieurs), half-pipe (dames et messieurs), snowboard cross (dames et messieurs), big air (dames et messieurs ; ajouté récemment pour les Jeux de PyeongChang 2018) et slope-style (dames et messieurs).»

Aux Jeux olympiques de PyeongChang, les épreuves de surf des neiges auront lieu au Centre de ski à ski d’Alpensia et au Parc de neige Phoenix.

Photo: Le québécois Éric Guay.
Source: sportcom.qc.ca.

En référence:
pyeongchang2018.com
olympic.org
zoneski.com
Soucy, Danielle. Des traces dans la neige, cent ans de ski au Québec.

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