Les 6es Jeux Olympiques d’hiver:
1952 – Oslo (Nor)

24 février 2018

Éric Pilote détient une maîtrise en Sciences de l’activité physique (Université Laval). Il est actuellement Conseiller en sport à la Direction du sport, du loisir et de l’activité physique du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Sport et Société est fier d’accueillir ce nouveau collaborateur.

La candidature
Lors de la 41e Session, tenue à Stockholm en juin 1947, le CIO fit l’élection des villes hôtesses des Jeux Olympiques d’été et d’hiver de 1952. Il s’avère qu’un très petit nombre de membres – seulement 28 des 66 membres actifs – a effectué le déplacement vers la Suède.

Les villes candidates pour l’organisation des Jeux d’hiver sont au nombre de trois : Oslo (NOR), Cortina d’Ampezzo (ITA) et Lake Placid (USA). Oslo, qui avait déjà posé sa candidature pour 1944, est favorite. La station américaine de Lake Placid, site des Jeux de 1932, ne fait pas le poids; quant au village de Cortina d’Ampezzo, il semble incapable d’enrayer la détermination des Scandinaves de s’imposer (Lunzenfichter 2010). Il ne faut, en effet, qu’un seul tour de scrutin pour élire la capitale norvégienne avec 18 voix sur 28. Ce faisant, Oslo devenait la première capitale et la première ville scandinave à accueillir les Jeux Olympiques d’hiver.

Le choix d’Oslo par le CIO semble avoir été basé sur plusieurs facteurs. Premièrement, la capitale norvégienne avait exprimé le souhait, en 1936, de tenir les Jeux d’hiver de 1940. Mais l’ancienne règle du CIO qui donnait la priorité à la ville hôtesse des Jeux d’été d’organiser, si elle le désirait, les Jeux d’hiver, obligeait la tenue de ces derniers au Japon. Bien sûr, ils furent annulés en raison de la Seconde Guerre mondiale.

Deuxièmement, lorsque la ville de Londres accepta de tenir les Jeux Olympiques de 1948, elle abandonna son droit d’organiser les Jeux d’hiver et suggéra qu’on les tienne à Oslo. Cependant, cette dernière refusa parce que les Norvégiens désiraient plutôt mettre toute leur énergie et leurs ressources à la reconstruction de leur pays durement touché par la guerre (MacDonald, Brown 2004). Les Norvégiens décidèrent d’attendre et de présenter une candidature pour les Jeux d’hiver de 1952. Ainsi, le 22 août 1946, le conseil municipal de la ville d’Oslo vota en faveur de la présentation de la candidature et accepta de financer la construction et l’entretien des différents sites de compétition (MacDonald et Brown 2004). Lorsque le CIO eut à prendre sa décision, la ville d’Oslo avait déjà une longueur d’avance sur ses rivales en raison de son profil positif et de l’intérêt national et international que la Norvège avait démontré dans le passé pour tenir les Jeux. De plus, la grande qualité technique de la candidature d’Oslo influença également le choix du CIO.

Finalement, le CIO avait ses raisons pour rejeter les deux autres villes candidates. La candidature de Lake Placid, par exemple, bien qu’elle ait organisé les Jeux d’hiver de 1932, le voyage vers les États-Unis s’avère long et coûteux pour les équipes européennes qui forment la majorité des participants. Quant à la candidature de Cortina d’Ampezzo, le fait qu’elle venait d’un pays allié des Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, n’était pas vue d’un bon œil – en 1947 –  par les membres du CIO et ne s’avérait pas pour eux un choix « prudent » (MacDonald et Brown 2004).

Les pays présents et les participants
Les 6e Jeux d’hiver rassemblèrent un total de 732 athlètes (623 hommes et 109 femmes) provenant de 30 pays (Wallechinsky et Loucky 2009). Les nouveaux pays présents aux Jeux d’hiver sont le Portugal, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Il y avait 22 épreuves au programme, dont six ouvertes aux femmes (deux en patinage artistique, trois en ski alpin et une en ski nordique).

Le relais de la flamme olympique
Afin de bien faire comprendre au monde entier que le ski ne doit rien aux neiges du Mont Parnasse (situé en Grèce), le Comité d’organisation a décidé que la flamme serait allumée dans la province de Telemark où naquirent les premières compétitions de ski nordique, plutôt que dans le stade antique à Olympie (GRE). Ils ont choisi de l’allumer, très précisément au village de Morgedal, au foyer même de la maison où naquît Sondre Nordheim (1825-1897) qui fut le premier grand skieur norvégien. On ne peut pas dire que cette flamme venue du froid, cette « contre-flamme olympique » soit acceptée avec plaisir par le CIO (Lagorce et Parienté 1972). Cependant, aucune protestation publique n’est émise, car le CIO est conscient que ce n’est pas le moment de vexer toute la Scandinavie.

La flamme est donc allumée l’avant-veille de l’ouverture des 6e Jeux Olympiques d’hiver et 94 skieurs se relayent sur les 220 km qui séparent le village de Morgedal du Stade de Bislett, à Oslo, où va se dérouler la cérémonie d’ouverture. Le dernier relayeur est Eigil Nansen, petit-fils du grand Fridtjof Nansen dont la traversée du Groenland à ski, en 1888, permit de faire connaître dans le monde entier et faire respecter ce moyen de locomotion considéré jusqu’alors par beaucoup comme « barbare » (Lagorce et Parienté 1972). Lorsque Nansen allume la torche géante, un cri de joie profond succède au silence quasi mystique.

Le programme

Bobsleigh. Comme pour le slalom géant féminin, l’épreuve de bob à deux eut lieu la veille de la cérémonie d’ouverture. Les Allemands soulignent leur retour dans la famille olympique en remportant la médaille d’or. Les bobeurs allemands l’emportent facilement « sur une machine pourtant totalement dépassée, une antiquité d’avant-guerre, qui aurait, paraît-il, été utilisée à Garmisch-Partenkirchen en 1936 » (Mogore 1989).

Dans le bob à quatre, nouvelle domination des Allemands sur les Américains. Il faut dire que les Allemands ont une arme secrète : on met dans les engins des hommes pesant le plus lourd possible. Leur équipe de bob à quatre fait osciller la balance à 473 kilos (1 042 livres)!

Alertée par cette escalade « de poids » lors des Jeux d’hiver de 1948, la Fédération Internationale de Bobsleigh et de Tobogganing (FIBT), lors de son XXIe Congrès  tenu avant les Jeux d’Oslo, établit une nouvelle réglementation : désormais le poids maximum des membres des équipages ne devra pas dépasser 400 kilos (880 livres) pour le bob à quatre et 200 kilos (440 livres) pour le bob à deux (Gueorguiev 1995). À partir de cette époque, et au fur et à mesure de l’évolution du matériel, on va désormais privilégier la vitesse de course au départ, à la course aux poids lourds.

Hockey sur glace. Le Canada, représenté par l’équipe Edmonton Mercurys, remporte ses sept premiers matchs. Un match nul de 3 à 3 contre les États-Unis lui permit de remporter la médaille d’or. Mais le résultat de ce match déplaît à certains. Les Suédois se sentent comme « les dindons de la farce » car une victoire canadienne leur assurait la médaille d’argent, là ils se contentent du bronze (malgré une fiche de sept victoires et deux défaites). L’argent va, assez bizarrement, aux États-Unis qui ont compilé une fiche de six victoires, une défaite et une nulle. Dans une preuve frappante de la montée de la guerre froide, la presse soviétique accusa immédiatement le Canada et les États-Unis de conspiration dans le résultat de leur match, alléguant qu’il s’agissait là d’un exemple de la tricherie capitaliste bourgeoise (MacDonald et Brown 2004). Bien sûr, les deux équipes accusées démentirent toutes ces allégations.

L’équipe américaine n’était pas la favorite parmi les spectateurs en raison de leur style de jeu très rude. En effet, trois joueurs américains (Joseph Czarnota, Kenneth Yackel et Andre Gambucci) ont totalisé au cours du tournoi plus de minutes de pénalité que tous les autres joueurs réunis des huit autres formations.

Entre 1920 et 1952, les équipes de hockey canadiennes ont compilé une extraordinaire fiche de 37 victoires, 1 défaite et 3 matchs nuls. Lors de ces 41 matchs, ils ont compté 403 buts et n’en ont alloué que 34 (Wallechinsky et Loucky 2009).

Patinage de vitesse. Durant les trois jours de compétition, la foule ne dérougit pas. De 25 000 à 30 000 spectateurs emplissent le Stade du Bislett et vibrent sous les exploits des patineurs. Le Norvégien Hjalmar Andersen devient l’enfant chéri du pays en remportant l’or aux 1 500, 5 000 et 10 000 mètres en réalisant au passage deux records olympiques (5 000 et 10 000 m).

Le Norvégien Finn Hodt, l’un des meilleurs patineurs au monde, fut choisi par l’Union Norvégienne de Patinage comme l’un de ses quatre concurrents pour le 500 mètres. Cependant, la nomination de Hodt choque et ne fait pas l’unanimité en raison de sa collaboration avouée avec l’Allemagne Nazie. Un mois avant la Cérémonie d’ouverture, le CNO norvégien renverse la décision de l’Union Norvégienne de Patinage (par un vote de 25 voix contre 2) et exclut Hodt, et tous ceux dont le passé comporte trop de taches ou de zones grises, de toute participation aux Jeux d’Oslo (Mogore 1989, Wallechinsky et Loucky 2009).

L’incontestable suprématie scandinave en patinage de vitesse (sauf pour le 10 000 mètres) prendra fin avec les Jeux d’Oslo. Les Soviétiques vont construire un anneau de vitesse à Alma-Ata (KAZ). Ainsi pourront-ils conquérir des records du monde et suivre un entraînement très poussé dans des conditions idéales (Berlioux 1964).

Patinage artistique. Du côté masculin, l’Américain Dick Button laisse tous ses adversaires loin derrière. Il reçoit un vote unanime de première place de la part de tous les juges. Une fois encore, il éblouit la galerie avec un nouveau saut, le « triple boucle piqué ». Jusqu’à ce jour, aucun patineur n’avait tenté un triple saut en compétition. Quelques mois après les Jeux, Button fit le saut chez les professionnels et fut l’une des vedettes de la tournée des Ice Capades.

Du côté féminin, la lutte est plus serrée. Après les figures imposées, on est presque assuré de voir monter sur la plus haute marche du podium la Britannique Jeannette Altwegg, tellement sa prestation est réussie à la perfection. Mais les figures libres remettent tout en question tant l’Américaine Tenley Albright et la Française Jacqueline du Bief dominent. Mais l’avance accumulée dans les figures imposées permet néanmoins à Altwegg de remporter l’or.

En couples, on se questionne car depuis la reprise des Jeux après la guerre, autant les patineurs individuels sont dignes « des grands anciens », autant il semble que les couples ont bien peu progressé. Certains experts disent même que les champions olympiques de 1928, 1932 et 1936 patinaient mieux que les couples d’aujourd’hui (Lagorce et Parienté 1972).

Saut à ski. Le saut à ski est une vraie religion pour les Norvégiens, alors pas étonnant que plus de 150 000 fidèles se soient massés sur la « colline sacrée » d’Holmenkollen, y compris le roi de Norvège en personne. Cette assistance est encore plus impressionnante si l’on considère, qu’en 1952, cela équivalait à 5 % de toute la population de la Norvège (MacDonald et Brown 2004). Les deux premières places reviennent à des enfants du pays organisateur : Arlin Bergmann et Torbjorn Falkanger. Ces 6Jeux vont cependant marquer la fin de l’âge d’or norvégien en saut. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 1924 et 1952, la Norvège a remporté 14 des 18 médailles en jeu (dont les six médailles d’or) dans l’épreuve olympique du saut; depuis 1952, les Norvégiens n’ont remporté que 14 médailles sur une possibilité de 87 dans les épreuves de saut individuel, dont trois chez eux, à Lillehammer, en 1994, et trois à Turin, en 2006.

Ski alpin. Le combiné alpin (descente-slalom) est supprimé du programme et une nouvelle épreuve fait son entrée aux Jeux : le slalom géant. Cette création, un compromis entre la descente et le slalom spécial, est une épreuve qui demande à la fois d’immenses qualités techniques et autant de qualités athlétiques. Tous les spécialistes s’accordent pour dire que le « géant » va faire progresser énormément le ski (Lagorce et Parienté 1972).

Seules les épreuves de slalom peuvent se dérouler tout près d’Oslo. Pour la descente et le slalom géant, il faut aller à Norefjell à plus de 100 km au nord de la ville. Les acteurs indispensables au déroulement – équipes, entraîneurs et juges – sont certes logés sur place mais dans des conditions précaires, tandis que les journalistes, les autres officiels  et, bien entendu, les spectateurs, sont forcés, chaque jour, de retourner à Oslo. En définitive, donc, peu de public pour assister aux épreuves de slalom. Cette situation aura pour résultat de dévaloriser manifestement les épreuves (Deschiens 1979).

Les épreuves féminines de slalom géant eurent lieu la veille de la cérémonie d’ouverture en raison de contraintes d’horaire. L’Américaine Andrea Mead-Lawrence, âgée de 20 ans, remporte la première médaille d’or de cette nouvelle épreuve. Son style fluide et efficace surprend les Européens. Elle remettra ça dans le slalom spécial en gagnant de nouveau l’or. Sa supériorité est si nette, que lors de sa première descente, elle chute, se relève, et enregistre le quatrième meilleur temps. Dans sa deuxième descente, elle surclasse les meneuses en terminant première avec deux secondes d’avance sur tout le monde. Elle fut la première skieuse américaine à remporter deux médailles d’or olympiques.

En descente masculine, encore une fois, la température douce, le manque de neige et le vent se sont mis de la partie quelques jours avant le début des compétitions. Pour que les premiers entraînements aient lieu, on apporte la neige par trains, par camions, puis par seaux. Des planches sont fixées en travers de la piste et près de 300 militaires et civils chargent en neige cet espèce d’escalier. D’abord une couche de paille, puis de la neige damée et arrosée, puis enfin une couche de poudreuse en finition. Deux kilomètres de conduites apportent l’eau au bord du chantier (Mogore 1989). Malgré cela, la rareté de la neige força les organisateurs à réduire les périodes d’entraînement et à retarder d’une journée le début de la compétition (Bingham 1953, MacDonald et Brown 2004). À ces conditions extrêmes s’ajoutèrent les souches, les rochers et les arbres aux abords de la piste car les filets de protection n’existent pas encore à cette époque. Plusieurs skieurs sont victimes de dures chutes lors des descentes d’entraînement. Cependant, le jour de la course se déroule sans anicroche et l’Italien Zeno Colo, 31 ans et restaurateur de métier, remporte l’or avec un style aussi non conventiel que celui du Français Henri Oreiller en 1948. Ce dernier sera banni de toutes compétitions, en 1954, pour avoir ouvertement endossé une marque d’équipement de ski (Wallechinsky et Loucky 2009).

Dans le slalom géant masculin, on a dû réduire le parcours de 200 mètres en raison des dangereuses conditions de glace dans le bas de la montagne. Un Norvégien de 24 ans, du nom de Stein Eriksen, écrit une page d’histoire. En effet, ce dernier est le seul grand skieur alpin au pays du ski nordique. Cet « hérétique » remporte l’or et devient le premier champion olympique en « géant » devant les Autrichiens Christian Pravda et Toni Spiss. Eriksen sera le premier de sept skieurs provenant d’un pays scandinave à remporter une médaille d’or olympique en ski alpin. Avec sa beauté et son style, il deviendra également la première « superstar » du ski.

Pour le slalom spécial masculin, près de 30 000 spectateurs se pressent sur les pentes de la colline d’Holmenkollen. Stein Eriksen (NOR), gagnant du slalom géant quatre jours plus tôt, bataille ferme avec les Autrichiens. Il sera cependant battu par Othmar Schneider (AUT) par une seconde et deux dixièmes et remportera la médaille d’argent. Dans un autre ordre d’idée, le Grec Antoin Miliordos, dégoûté par le fait qu’il soit tombé dix-huit fois, s’assied sur le sol et se laissa glisser de dos jusqu’à la ligne d’arrivée. Son temps pour la première descente était de 26,9 secondes plus lent que le temps cumulé des deux descentes du vainqueur Schneider (Wallechinsky et Loucky 2009).

À la veille des Jeux, certains techniciens étaient d’avis que trois épreuves en ski alpin c’était trop. Il est intéressant de constater que les trois vainqueurs sont différents et qu’ils correspondent à trois manières différentes de skier (Lagorce et Parienté 1972).

Ski de fond. Comme quatre ans auparavant, il y a moins de nations engagées en ski de fond qu’en ski alpin. Mais, du côté du public, on dénote une puissante vague de ferveur. Tout le long du parcours, les participants défilent entre deux haies de spectateurs : « Et quels spectateurs! Ils connaissent tout du style de chacun, tout des temps de passage et ils encouragent tous les concurrents » (Lagorce et Parienté 1972).

Au 18 km, domination totale de la Finlande, de la Norvège et de la Suède qui à leur trois remportent les dix-sept premières places. Au 50 km, les Finlandais remportent l’or et l’argent, et le champion Norvégien Magnar Estenstad, le bronze. Ce revers, qualifié de national, est aussitôt et heureusement effacé au combiné nordique par son compatriote Simon Slattvik. Les Finlandais prennent la mesure des Norvégiens et des Suédois dans le relais 4 x 10 km avec trois minutes d’avance. Les grands battus de ces épreuves auront été les Suédois qui ont dû se contenter de la médaille de bronze du relais 4 x 10 km.

Pour la première fois dans l’histoire du ski de fond, une épreuve féminine est au programme olympique. Inga Lowdin, membre du Comité des Dames de la FIS, maintenant active présidente du Comité Fond féminin, a fait prévaloir ses idées. Mais elle a été aidée par les Scandinaves et les Soviétiques qui espèrent que cette nouvelle épreuve leur rapportera des médailles (Deschiens 1979). Au 10 km, on assiste donc sans surprise à un triplé des « rustiques » Finlandaises et à la victoire de Lydia Wideman qui, à plus de trente ans, n’a aucune rivale en mesure de lui tenir tête.

Sport en démonstration. Afin de continuer la tradition des éditions précédentes, un sport en démonstration fut inclus au programme des Jeux d’hiver de 1952. Bien que le CIO ait suggéré des épreuves de curling ou de patrouille militaire à ski, les Norvégiens optèrent plutôt pour le bandy. Le bandy est un sport qui s’apparente au hockey sur glace, mais qui se joue sur une patinoire plus grande (110 m x 65 m), avec 11 équipiers, un bâton plus large et une balle, au lieu d’une rondelle. Sport peu populaire en dehors de la Scandinavie, seules la Norvège, la Suède et la Finlande inscrivirent une équipe.

Des Jeux fort appréciés
Techniquement, ces Jeux ont été de « bons » Jeux, mais les résultats bruts passent ici au second plan tant l’ambiance qui régna pendant ces quelques jours fut merveilleuse :

[. . .] Participants et spectateurs s’accordent à dire que, s’ils ne furent point grandioses, ils furent parfaits et l’image même de ce que l’on peut attendre d’une confrontation olympique (Berlioux 1964). [. . .] Le baron de Coubertin aurait aimé les Jeux d’Oslo, il aurait aimé ces 60 000 spectateurs unis dans une belle et même passion pour le sport, le sport sans chauvinisme, le sport pour lui-même, le sport pour l’amour pur de l’effort, le sport pour le sport… (Lagorce et Parienté 1972). [. . .] Les J.O. à la Norvégienne ont débuté dans la joie et se sont achevés sur un très beau tableau d’ensemble. Longtemps encore les témoins de ces Jeux d’Oslo se souviendront de l’accueil du public scandinave (Mogore 1989).

Les retombées
Les retombées économiques et politiques des 6e Jeux Olympiques d’hiver, pour la ville d’Oslo, ne furent pas aussi significatives que pour les autres villes ayant organisé précédemment les Jeux.

Cependant, les Norvégiens purent bénéficier de la construction des nouvelles installations et de la rénovation des infrastructures déjà en place. Pour un pays où une grande partie de la population est physiquement active, ces améliorations furent accueillies avec joie. Pour ce qui est des deux Villages olympiques, l’un fut transformé en résidence pour le personnel d’un hôpital et l’autre en résidence pour personnes âgées (MacDonald et Brown 2004).

D’un point de vue économique, les Jeux d’hiver ont coûté cher aux citoyens d’Oslo, tout particulièrement parce que c’est la municipalité qui a fourni la majeure partie du financement qui provenait, en bout de ligne, des poches des contribuables. Bien sûr, les Jeux amenèrent à Oslo une grande affluence touristique étrangère qui aida à éponger dans une certaine mesure les coûts. De plus, la publicité engendrée par la tenue des Jeux donna un élan au tourisme durant les quelques années qui suivirent.

Finalement, avec les 6e Jeux Olympiques d’hiver de 1952, l’Allemagne Nazie fut enterrée et l’on pu entrevoir un aperçu des attitudes qui allaient prévaloir entre l’Est et l’Ouest durant la guerre froide et qui allaient devenir si apparentes quelques mois plus tard lors des Jeux Olympiques d’été à Helsinki.

Le Canada a inscrit 60 athlètes dans les épreuves des 6es Jeux d’hiver (incluant les épreuves en démonstration). Au classement des médailles, le Canada se situe en 5e position avec deux médailles : une d’or (hockey sur glace) et une de bronze (patinage de vitesse, 500  m). Il y avait dix membres de la délégation canadienne originaires de la province de Québec.

Berlioux M (1964).  Olympica. Paris : Flammarion, 723-757.

Deschiens G (1979). Histoire des Jeux Olympiques d’hiver : Contribution à l’Histoire de l’Olympisme et des Sports du Froid. Morzine : Éditions Jean Vuarnet, 293 p.

Gueorgueiv N (1995). Analyse du programme des Jeux Olympiques d’hiver 1924-1998. Lausanne : CIO, 114 p.

Lagorce G, Parienté R (1972). La fabuleuse histoire des Jeux Olympiques. Paris : Éditions O.D.I.L., 541-560, 567-633.

Lunzenfichter A (2010). Athènes 1896… Rio 2016 : Choix épique des villes olympiques. Biarritz : Atlantica, 442 p.

MacDonald G, Brown D (2004). « Oslo 1952 ». Dans : Findling JE, Pelle KD (Éds) Encyclopedia of the Modern Olympic Movement. Westport, CT: Greenwood Press, 321-326.

Mogore C (1989). La grande histoire des Jeux Olympiques d’hiver. Barberaz : Éditions AGRAF, 224 p.

Wallechinsky  D, Loucky J  (2009). The Complete Book of the Winter Olympics: The Vancouver Edition – Vancouver 2010. Vancouver : Greystone Books, 322 p.

Photo: 
Vue de la foule rassemblée au saut à ski aux Jeux Olympiques d’hiver de 1952.
Source:: www.norwegianamerican.com

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