Jacqueline Gareau

29 avril 2018

Chercheur en histoire du sport depuis 1995, Paul Foisy est l’auteur d’une biographie consacrée au marathonien Gérard Côté. Auteur de nombreux textes, il a collaboré au «Dictionnaire des Grands Oubliés du sport au Québec», publié en 2013 chez Septentrion.

Jacqueline Gareau est née à L’Annonciation le 10 mars 1953. Rien ne l’avait prédestinée à devenir une grande championne en course à pied.

En 1974, alors qu’elle occupe un emploi dans un hôpital depuis un an, Jacqueline Gareau commence à courir pour le plaisir. Au début, elle s’exerce simplement dans le but d’acquérir une meilleure forme physique en alternant la marche et la course. Puis, de fil en aiguille, elle court régulièrement et elle devient en mesure de parcourir de plus longues distances. Tant et si bien qu’au mois d’août 1977 elle prend part à son premier marathon à l’Île d’Orléans. L’athlète de 21 ans poursuit l’entraînement et participe à des courses régionales où elle démontre sa bonne forme physique.

En 1979, elle remporte successivement les marathons d’Ottawa et de Montréal. Sa victoire lors du premier marathon de Montréal la révèle au public québécois. Elle termine l’année avec une troisième place au marathon de New York. Ces remarquables performances feront d’elle une des pionnières chez les marathoniennes canadiennes et sur la scène internationale.

Le 21 avril 1980, elle remportera le marathon de Boston et inscrira son nom dans l’histoire de l’athlétisme mondial. En effet, elle sera alors victime de tricherie et sera déclarée championne une semaine après l’événement. Lors de l’épreuve, Rosie Ruiz franchit la ligne d’arrivée en première position à la surprise générale. Cette performance soulève de nombreuses questions chez les organisateurs. Ruiz sera disqualifiée par la suite, puisqu’elle n’aurait parcouru que les deux derniers kilomètres du marathon. Pour sa part, la gagnante verra son temps de 2 h 34 min 28 s homologué comme le record féminin du parcours. Elle sera couronnée le 29 avril suivant en la présence du gagnant chez les hommes, le célèbre Bill Rogers.

Elle sera de retour à Boston à quatre autres reprises avec des deuxièmes places en 1982 et 1983. Cette même année, à Helsinki, en Finlande, elle réalise une cinquième place lors du premier marathon féminin présenté dans le cadre des championnats mondiaux d’athlétisme.

En 1984, elle remportera le marathon de Los Angeles en févier et sera sélectionnée sur l’équipe canadienne pour les Jeux olympiques. Malheureusement, elle sera contrainte à l’abandon lors de l’épreuve olympique.

Après avoir surmonté les blessures et les opérations, elle sera de retour à Boston en avril 1987. Elle y signera une neuvième place. Quelques mois plus tard, à Montréal, elle inscrira sa deuxième victoire avec un temps de 2 h 32 min 50 s.

Elle sera détentrice du record canadien du marathon de 1979 à 1984, avec un temps de 2 h 29 min 37 s. Au cours de sa carrière s’échelonnant de 1977 à 1988, elle remportera neuf marathons et inscrira des records canadiens à de nombreuses épreuves comme le demi-marathon, le 20 km, le 15 km, le 10 milles (16 km) et le 10 km.

En 1991, elle sera intronisée au Temple de la renommée des coureurs sur route du Canada. En 1995, elle est nommée membre du Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec. Puis, quelques années plus tard, en l’an 2000, on saluera son talent exceptionnel en la nommant marathonienne du XXsiècle au Canada.

Photo: Collection Jacqueline Gareau.

Vidéo amateur du marathon de Boston de 1980. Jacqueline Gareau apparaît quelques instants vers 1 min 25 sec.

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