Yvan Dubois, c’est dans l’action et la passion que l’homme se réalise

12 septembre 2018

Chercheur en histoire du sport depuis 1995, Paul Foisy est l’auteur d’une biographie consacrée au marathonien Gérard Côté. Auteur de nombreux textes, il a collaboré au «Dictionnaire des Grands Oubliés du sport au Québec», publié en 2013 chez Septentrion. Paul Foisy est également l’éditeur du site Sport et Société depuis 1999.

Dans son Traité de civisme, publié en 1951, Boris Vian écrit que « Pour que le travail s’accomplisse avec intérêt, voire plaisir, il faut en supprimer le caractère obligatoire. » Cette citation traduit bien de l’enthousiasme avec lequel Yvan Dubois aborde tous les projets auxquels il est associé depuis sa jeunesse.

Ayant perdu son père en bas âge, le jeune Dubois apprend rapidement que le travail peut devenir une source de défis. Par exemple, dès l’âge de sept ans, il distribue quotidiennement plus de 400 exemplaires du journal La Presse! En plus des petits boulots d’adolescents, il sera enfant de chœur, participera à la chorale de sa paroisse, fera partie des cadets et comme bien des jeunes à cette époque jouera au hockey et au baseball. Le talent qu’il déploie au baseball fait en sorte qu’il fera partie du baseball majeur avec l’organisation des Braves de Milwaukee de 1953 à 1955.

Ce grand gaillard à la carrure athlétique quittera le monde du baseball pour rapidement concilier son amour des sports et des loisirs avec celui du travail. Ainsi, au milieu des années 1950, il sera directeur adjoint des loisirs à Ville Saint-Laurent puis directeur général du Centre de Loisirs de Terrebonne.

En 1958, il s’inscrit à l’École d’Hygiène (Éducation physique et Récréation) de l’Université de Montréal et sera diplômé en 1962. Il occupera également diverses fonctions liées à l’éducation physique auprès de Commissions scolaires sises dans la couronne nord de Montréal de 1959 à 1966.

À la demande du père Marcel de La Sablonnière, il acceptera de présider l’Association canadienne des Centres de Loisirs de 1961 à 1965. À l’automne 1963, en compagnie de Gilles Houde et de Guy Lefebvre, il effectuera un voyage autour du monde qui lui permettra d’identifier les actions et les interventions réalisées en matière de sports et loisirs au sein des 22 pays visités. Un an plus tard, fort d’un volumineux rapport, il sera conférencier lors du congrès mondial de la Récréation à Osaka, au Japon. Ce voyage fera naître l’idée d’aménager un endroit pour conjuguer la pratique des sports et du plein air. Il réalise ce projet en 1966 en fondant le Centre de plein air Edphy, à Val Morin.

Ses nombreux contacts avec les milieux de l’éducation, des sports et des loisirs mettront en lumière le manque cruel de moyens et d’intérêt concernant la pratique de l’activité physique et des sports tant dans les écoles qu’auprès de la population du Québec en général.

Homme d’action voulant sensibiliser la population québécoise aux bienfaits de l’activité physique, Yvan Dubois organisera les Jeux gymniques du Québec (1964-1967), sera producteur des événements sportifs à Expo 67 et coordonnera les Concours olympiques provinciaux de 1971 à 1974. Tel un missionnaire, il poursuivra son action militante avec des présidences auprès de Mission Québec 76 (1973 à 1976), du Centre d’entraînement olympique (1973-1976) et de l’Institut des Sports du Québec en 1976.

Ses multiples implications au cœur du sport amateur et au sein du mouvement olympique seront motivées afin de combattre le mode de vie sédentaire qu’il observe chez les Québécois : « Les Jeux olympiques de 1976 seront inutiles si… les retombées n’apportent pas une évolution importante de l’activité physique au Québec », déclare-t-il un jour au journaliste André Trudel. Qui plus est, il partagera sa grande expertise acquise comme Maire et directeur général du Village olympique des Jeux de Montréal auprès des Comités pour les Jeux olympiques de 1980 (Lake Placid et Moscou), de 1984 (Los Angeles) et de 1988 (Séoul et Calgary).

Délaissant le milieu sportif en 1977, il poursuivra sa carrière d’entrepreneur tout en partageant son temps bénévolement avec des organismes qui lui tiennent à cœur. Il siégera alors à divers conseils d’administration tels la Fondation Québécoise du Cancer (1976 à 1986), la Fondation de l’Hôpital St-Charles Borromée (1992 à 1995) et celui de l’Hôpital Notre-Dame (1995 à aujourd’hui).

Sports, plein air, éducation et générosité. Voilà quatre mots avec lesquels Yvan Dubois jongle avec passion depuis de nombreuses années déjà. Cet homme, impatient de se lever chaque matin afin de relever de nouveaux défis, ne s’est jamais ennuyé. Il a mené des projets que certains qualifiaient d’impossibles à réaliser. Pourtant, sa feuille de route est éloquente et démontre que c’est dans l’action et la passion que l’homme se réalise. Regardons de plus près quelques unes de ses contributions à la société québécoise.

Jeux gymniques du Québec
En 1964, le comité présidé par Yvan Dubois présente les premiers Jeux gymniques du Québec à l’Autostade de Montréal. Ces Jeux réunissant plus de 8000 élèves sont organisés dans le but de favoriser la pratique de l’éducation physique dans les écoles. Les Jeux seront organisés à nouveau en 1965 et 1967.

Centre de plein air EDPHY
Fondé en 1966 par Yvan Dubois, EDPHY International propose des programmes d’activités inspirés de l’idéal olympique et favorisant le développement physique et psychosociologique de jeunes de 6 à 17 ans. Au fil de ces quarante-neuf ans d’existence, des milliers de jeunes des quatre coins de la planète ont participé aux activités sportives et culturelles offertes par EDPHY international.

Concours olympiques provinciaux
De 1971 à 1974, des centaines de milliers de jeunes Québécois ont été touchés par ces campagnes de sensibilisation annuelles. Les concours olympiques coordonnés par Yvan Dubois visaient à faire la promotion de l’activité physique et de l’olympisme.

Mission Québec 76
Devant le faible taux de participation des athlètes québécois aux Jeux olympiques de 1972 (12 % de l’équipe canadienne), cet organisme présidé par Yvan Dubois a mis en place des programmes afin de hausser le % des Québécois au sein de l’équipe canadienne pour les Jeux de 1976. L’entreprise fut une réussite alors que les Québécois formèrent 30 % de l’équipe canadienne pour les Jeux de Montréal.

Comité organisateur des Jeux olympiques de Montréal
En 1973, Yvan Dubois fut nommé directeur-général et maire du Village olympique pour les jeux de Montréal. Comme directeur-général, il administre 32 services et comme maire, il doit voir à satisfaire les délégations provenant de 130 pays.

Centre psychoéducatif La Calèche
En 1971, Yvan Dubois fonde le Centre psychoéducatif La Calèche. Il dirigera les opérations de ce centre destiné à mettre les sports et le plein air au service des enfants en difficulté d’apprentissage jusqu’en 1979.

Académie Laurentienne
En 1986, désireux de concilier le sport et le plein air au milieu de l’éducation, Yvan Dubois fonde l’Académie Laurentienne, une école privée mixte, primaire et secondaire à caractère international. Chaque année, 400 élèves s’inscrivent à cette école qui met en œuvre un projet éducatif favorisant le développement intégral de l’élève.

Projet d’hôtelleries
En 1987 et 1988, pour le compte de la Fondation Québécoise du Cancer, Yvan Dubois orchestre bénévolement un projet visant à construire un centre d’hébergement pour les personnes atteintes de cancer vivant en région éloignée de Montréal. Le succès obtenu est tel qu’un autre centre est aménagé à Sherbrooke.

Au cours de sa carrière, la contribution d’Yvan Dubois a été soulignée à quelques reprises. En 1964, on le désigne « Personnalité du mois » (Vol 1 no 9 et 10) du magazine Éducation Physique, Sports & Loisirs. Douze ans plus tard, en 1976, il est nommé Gouverneur par le Centre ÉPIC (Étude Pilote de l’Institut de Cardiologie) devenu aujourd’hui le Centre de médecine préventive et d’activité physique de l’Institut de Cardiologie de Montréal. En 1977, il devient Membre de l’Ordre du Canada et il est nommé Membre honorifique par l’Association olympique canadienne. Une décennie plus tard, en 1987, il est Intronisé au Temple de la renommée du Club Médaille d’Or. Puis, en 1988, Ville de Laval le nomme Bénévole de l’année et l’année suivante, en 1989, le journal La Presse, le désigne comme « Personnalité de la semaine » du 15 janvier 1989.

Depuis une dizaine d’années, Yvan Dubois fait partie du Conseil d’administration du Panthéon des sports du Québec et travaille sans relâche à la réalisation du Musée des sports du Québec.

Photos:
Yvan Dubois – Journal de Montréal/courtoisie
Dans le cadre de l’intronisation de Gary Carter au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec, en 2013, Yvan Dubois àa gauche, et Jacques Daoust, deux membres du Conseil d’administration du Panthéon des sports du Québec, se sont rendus en Floride pour remettre à Sandy Carter, veuve de Gary Carter, le trophée emblématique du Panthéon des sports du Québec. Source: lescoulissesdusport.ca.

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