Fragments d’histoire des marathons montréalais

22 septembre 2018

Chercheur en histoire du sport depuis 1995, Paul Foisy est l’auteur d’une biographie consacrée au marathonien Gérard Côté. Auteur de nombreux textes, il a collaboré au «Dictionnaire des Grands Oubliés du sport au Québec», publié en 2013 chez Septentrion. Paul Foisy est également l’éditeur du site Sport et Société depuis 1999.

Le 25 août 1979, 8200 coureurs entassés sur le pont Jacques-Cartier attendent impatiemment le départ du 1er Marathon international de Montréal. L’image fera époque. Soixante-dix ans auparavant, un groupe de quatorze athlètes participent au premier marathon couru à Montréal.

En effet, le 24 mai 1909, c’est sur la piste de la Montreal Amateur Athletic Association (MAAA) que ce déroule le premier marathon de l’histoire montréalaise. L’épreuve réunit des coureurs canadiens et les Français Cibot et Orphée. Après 2 h 39 min 30 sec d’effort, le Montréalais Abbie Wood remporte la course devant une foule de 2000 personnes.

Six ans plus tard, l’Association de la Casquette, un club multisports canadien-français, organise des olympiades au parc De Lorimier. Édouard Fabre, gagnant du marathon de Boston deux mois auparavant, confirme sa supériorité en franchissant la ligne d’arrivée en première position. Le populaire athlète prendra part à un autre marathon à Montréal le 4 septembre 1926. Cette fois, l’épreuve se déroulera au stade Molson et c’est l’Américain Harvey Frick qui remportera la victoire.

Vingt-cinq ans après la course de 1909, on organise un marathon dans les rues de Montréal pour la première fois. La fondation de la Province of Quebec Track and Field Association, en 1934, amène un regain d’intérêt pour les épreuves de 42,2 km. Ainsi, le 29 septembre 1934, le journal La Patrie commandite un marathon dont l’arrivée se situe la rue Sherbrooke devant le défunt golf municipal. Quelques semaines plus tard, un autre marathon, commandité par le journal La Presse, sera également sanctionné par cet organisme provincial qui demeure l’ancêtre de la Fédération québécoise d’athlétisme.

Le 3 juillet 1938, l’Américain Pat Dengis remporte le championnat du Québec. Gérard Côté est nommé champion, puisqu’il est le premier finissant québécois. Toujours à Montréal, Walter Young remporte le titre de champion canadien le 22 octobre suivant. Puis, le 7 juillet 1939, c’est au tour de Gérard Côté d’être couronné champion canadien lors d’une course qui se déroule dans l’Est de Montréal.

Après une course remportée par l’Américain Johnny A. Kelley au Stade De Lorimier, en juin 1946, il faudra attendre le début des années 1970 avant que des marathoniens s’affrontent à nouveau sur le sol montréalais. Le 24 juin 1972, une course disputée en soirée est gagnée par l’Ontarien Jérôme Drayton. Puis, en pleine tempête de neige, de vaillants coureurs participent au marathon de Montréal le 17 mars 1974. Cette épreuve printanière, organisée à quelques reprises au cours des années 1970, sera à son apogée en 1977 avec plus de 350 participants, dont 70 au marathon.

En 1976, alors que se profile lentement le premier engouement pour la course à pied, Montréal est l’hôte des Jeux olympiques. Une épreuve pré-olympique sera disputée en août 1975, tandis que le marathon olympique, tenu le 31 juillet 1976, sera remporté par l’Allemand Waldemar Cierpinski dans un temps de 2  h 09 min 55 sec.

Plus près de nous, le Marathon international de Montréal sera organisé de 1979 jusqu’en 1990, puis de 1992 à 1996. L’épreuve réunira jusqu’à 12 000 athlètes certaines années. Chez les femmes, Patti Catalano réalise le meilleur temps (2 h 30 min 58 sec) en 1980, et chez les hommes, Kebede Balcha inscrit le temps record (2 h 10 min 03 sec) lors de sa troisième victoire en 1983.

Vingt ans après ce record, dans la foulée de la deuxième vague de popularité de la course à pied, le marathon renaîtra à Montréal. Répondant aux normes du jour, les organisateurs présenteront désormais une variété d’épreuves en plus d’un marathon de 42,2 km.

Photo: 
Les marathoniens lors de l’épreuve 1979 encouragés par les spectateurs. Derrière on remarque des pavillons de l’Expo 67, 1979. BAnQ Vieux-Montréal (E6,S7,SS1,P790731_012). Photographe Adrien Hubert.

Cet article fut publié à l’origine dans le magazine Kmag été 2013, p. 18-19.

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