Eugène Clouette

15 janvier 2019

Chercheur en histoire du sport depuis 1995, Paul Foisy est l’auteur d’une biographie consacrée au marathonien Gérard Côté. Auteur de nombreux textes, il a collaboré au «Dictionnaire des Grands Oubliés du sport au Québec», publié en 2013 chez Septentrion. Paul Foisy est également l’éditeur du site Sport et Société depuis 1999.

Au début du XXe siècle, il n’est pas rare de voir des coureurs de fond pratiquer la raquette pour se garder en forme en hiver. Contrairement aux autres, Eugène Clouette, un athlète né en 1883, se fera un nom grâce à ses talents de raquetteur.

Ce père de 14 enfants commence la raquette à l’âge de 27 ans. Au début des années 1910, il se classe régulièrement en deuxième position derrière Édouard Fabre. Puis, le vent tourne en 1915 lorsqu’il remporte le championnat du Canada pour le 3 milles (4,8 km). Cette même année, il inscrit un record mondial au mille (1,6 km) qu’il franchit dans un temps de 5:38:02. Il poursuivra sa carrière sur cette lancée, accumulant victoire sur victoire.

Il accomplit son plus haut fait d’armes à 45 ans. En effet, au début de 1929, il remporte la course Montréal – Lewiston en 53 heures et 47 minutes. Voulant montrer aux petites « jeunesses » de quel bois il se chauffe, Clouette prend un malin plaisir à remporter chacune des douze étapes de cette épreuve totalisant 451 kilomètres.

Après quelques années de pause, il renoue avec sa passion à 60 ans. Treize ans plus tard, il livre sa dernière épreuve, une « marche forcée » de 6,4 km. À son décès, en 1957, le Québec perd son plus fervent raquetteur.

Illustration: La Presse, 24 mars 1928. Collection Sport et Société. 

Ce texte fut publié à l’origine dans Kmag, le magazine de la course à pied, dans son édition Hiver 2015.

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