Les Jeux Nordiques et l’origine des Jeux Olympiques d’hiver (2)

7 janvier 2018

Éric Pilote détient une maîtrise en Sciences de l’activité physique (Université Laval). Il est actuellement Conseiller en sport à la Direction du sport, du loisir et de l’activité physique du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Sport et Société est fier d’accueillir ce nouveau collaborateur.

Cet article est le deuxième d’une série de deux.
Article 1

L’acte de naissance des Jeux Olympiques d’hiver
Malgré le succès des Jeux Nordiques, des difficultés majeures sont survenues dans la tentative de créer les Jeux Olympiques d’hiver. Beaucoup de diplomatie et de persuasion ont été nécessaire de la part des membres du Comité International Olympique (CIO) au Canada, en France, en Italie et en Suisse pour obtenir le patronage des Jeux Olympiques d’hiver par le CIO, et ce, malgré toutes les réserves que Pierre de Coubertin avait au sujet des sports d’hiver qu’il considérait comme décadents :

Ce n’est pas une décadence absolue, c’est une décadence relative car en même temps que la qualité a baissé ici ou là, la quantité s’est accrue. Il n’y a pas de doute que le nombre de ceux qui s’adonnent aux sports d’hiver a grandement augmenté. Au point de vue de l’hygiène physique et morale, c’est toujours cela de gagné. Mais il n’y a pas de doute non plus que beaucoup de stations d’hiver où régnait jusqu’ici un esprit nettement sportif ont décliné rapidement à cet égard. La faute n’est pas aux sportsmen eux-mêmes, du moins directement mais bien aux hôteliers surenchérisseurs et à la nouvelle clientèle qu’ils ont ainsi formée. Il y avait jusqu’ici dans les sites neigeux de la Suisse hivernale deux catégories bien tranchées de clients annuels : les malades et les gens du sport. Une troisième catégorie, tumultueuse et encombrante, est née, celle des fêtards. Elle ne demandait qu’à naître évidemment. Encore fallait-il qu’on lui préparât des demeures dignes de son snobisme et de sa nullité avec de pseudo-sports et des divertissements d’apparence athlétique (Coubertin 1914).

En fait, les Jeux Nordiques, que l’on qualifiait de « pseudo Olympiques d’hiver », n’ont pas aidé la cause et ont rendu la mise sur pied des Jeux Olympiques d’hiver encore plus difficile. Lors de la 11e Session du CIO à Berlin (GER) en 1909, une commission, dont faisaient partie les deux membres suédois (Balck et von Rosen), présenta un rapport qui faisait la suggestion d’un programme standard pour les Jeux Olympiques futurs. Parmi les recommandations de sports à retirer du programme figurait le patinage artistique, seul sport d’hiver à avoir été présenté aux Jeux Olympiques de Londres en 1908 (1). Coubertin lui-même n’était pas en faveur de la présence de sports d’hiver au programme olympique :

L’industrie moderne a trouvé le moyen de créer de la glace artificielle mais il n’est guère raisonnable d’escompter le moment où une chimie perfectionnée pourra étendre sur le flanc des collines de la neige résistante et durable. Dès lors le patinage est le seul des trois grands sports d’hiver qui pourrait à la rigueur avoir place dans l’enceinte olympique. La dépense serait énorme et les dimensions de la patinoire nécessairement restreintes. Il vaut mieux s’en tenir à la solution qui consiste à grouper ailleurs en hiver, sous le nom de Jeux du Nord, ces sports spéciaux (Coubertin 1909).

L’année suivante, à la 12e Session du CIO organisée au Luxembourg (LUX), le Révérend Robert de Courcy-Laffan (GBR) demanda à Viktor Balck si des sports d’hiver étaient inclus au programme des Jeux Olympiques qui allaient se tenir à Stockholm en 1912. Balck lui répondit que non parce que les Jeux Nordiques étaient prévus pour avoir lieu en 1913. De vives protestations s’élevèrent à la suite de cette réponse et Balck (après avoir consulté son collègue suédois) mentionna que si le CIO le désirait, il pouvait présenter une proposition de programme de sports d’hiver lors de la prochaine session (Edgeworth 1994).

À la 13e Session du CIO, tenue à Budapest (HUN) en 1911, le Comte Eugène Brunetta d’Usseaux (ITA) rappela à Balck la promesse qu’il avait formulée lors de la Session précédente et lui demanda si le Comité d’organisation des Jeux de Stockholm avait prévu un programme pour les sports d’hiver. Le Colonel Balck lui répondit sèchement qu’il n’en était nullement question parce que les Jeux Nordiques étaient prévus pour 1913. Le Comte Brunetta d’Usseaux, insatisfait de la réponse de son collègue, demanda que les Jeux Nordiques soient changés en Jeux Olympiques d’hiver et que le CIO fixe la date de l’année olympique du 1er juin 1912 au 31 mai 1913. Ce qui aurait voulu dire que les Jeux d’été auraient précédé les Jeux d’hiver (Edgeworth 1994). Cette motion entraîna un vif débat entre Brunetta d’Usseaux, Balck, Lord Desborough (GBR), William M. Sloane (USA) et le Comte Clarence von Rosen (SWE). Les Suédois demandèrent l’inscription d’épreuves de ski nordique au programme olympique de 1912, mais les Américains firent échouer le projet, alléguant que ces disciplines n’étaient que régionales. Aucune décision ne fut prise et cette question fut renvoyée au lendemain.

Le jour suivant, Brunetta d’Usseaux réitéra sa motion « d’annexer » les Jeux Nordiques de 1913 aux Jeux de la Ve Olympiade. Un autre long débat s’enclencha et d’autres membres se joignirent aux discussions, notamment Robert de Courcy Laffan (GBR), Jiri Guth-Jarkosky (BOH), le Comte A. F. Sierstorpft (GER) et le Prince Léon Ouroussoff (RUS). Cependant, Balck demeura inflexible et, comme il était un des membres les plus influents du CIO en plus d’être le président du Comité d’organisation des Jeux Olympiques de Stockholm, son influence fit pencher la balance de son côté (Edgeworth 1994). On peut comprendre l’opposition de Balck envers la proposition de Brunetta d’Usseaux puisque cette décision aurait sonné le glas de ses bien-aimés Jeux Nordiques. Le 27 mai 1911, il fut décidé que les Jeux Nordiques ne seraient pas annexés à l’Olympiade et qu’aucun sport d’hiver ne serait au programme olympique de 1912. Le Comité Olympique Suédois, dirigé par Balck, basa sa décision finale sur le fait que, théoriquement, toutes les épreuves ne pourraient pas être tenues au même endroit, en même temps (Edgeworth 1994).

La prochaine étape en vue de l’établissement des Jeux Olympiques d’hiver eu lieu lors du Congrès des Comités Nationaux Olympiques (CNO) à Paris en juin 1914. Bizarrement, un membre de la Fédération norvégienne de ski proposa l’inclusion des compétitions de ski au programme olympique, ce qui allait à l’encontre de la ligne de pensée maintenue jusqu’ici (Edgeworth 1994). Lors de ce congrès, d’autres pays firent des propositions similaires. Le CNO d’Autriche proposa une motion pour adopter les sports de glace au programme olympique. L’Allemagne, le Canada et la Suisse y allèrent également de leur proposition. En bout de ligne, les vœux énoncés lors du Congrès des CNO firent écho et furent adoptés lors de la 17e Session du CIO tenue la même année, alors qu’on s’entendit pour inclure le patinage artistique, le hockey sur glace et le ski au programme olympique des Jeux de 1916 à Berlin à titre de sports « optionnels ». Cependant, peu de temps après, la Première Guerre mondiale éclata et le Mouvement olympique se retrouva au point mort.

L’idée d’inclure des sports d’hiver aux Jeux Olympiques refit surface lors du VIIe Congrès Olympique et de la 20e Session du CIO qui avaient lieu en même temps à Lausanne (SUI) en juin 1921. Ces deux événements avaient été précédés de trois conférences consultatives dont l’une avait pour thème les sports d’hiver (Müller 1994). Le rapport sur ce thème fut présenté à la Session par le Suisse Alfred Mégroz (non membre du CIO). D’un côté, on y présentait des avis favorables émanant avec insistance des membres du CIO en France, au Canada et en Suisse, et de l’autre, les avis contraires des membres du CIO en Norvège et en Suède (Lyberg 1989a). Durant la Session, le Comte de Clary et le Marquis de Polignac insistèrent pour qu’on donne la permission à la France d’organiser en 1924, sous le patronage du CIO bien sûr, une « Semaine des sports d’hiver ». Le Canadien James Merrick s’allie à ses collègues français et mentionne que « si les sports d’hiver veulent avoir un rayonnement mondial, il leur faut entrer dans le système olympique, le seul qui soit d’importance planétaire » (Lagorce et Parienté 1972). Dans la discussion qui s’en suivit, on s’entendit sur le fait qu’il serait contraire à la Charte olympique d’organiser, durant les Jeux de l’Olympiade, des compétitions dans un autre endroit du même pays. De plus, les pays scandinaves annoncèrent, par la voix de Sigfrid Edström, qu’ils ne cherchaient plus à revendiquer l’exclusivité des sports d’hiver et qu’ils n’avaient plus d’opposition à l’organisation d’une telle semaine. Coubertin, préoccupé et n’étant pas très chaud à l’idée de voir l’ampleur que les Jeux Olympiques allaient prendre, chercha à gagner du temps et proposa de réexaminer la situation à la Session de 1922. À cet instant précis, de Polignac et de Clary prirent le risque et réclamèrent, contre l’avis de Coubertin, un vote immédiat. La motion que de Polignac présenta est la suivante :

Le Congrès suggère au Comité International Olympique que s’il est possible d’organiser des compétitions de sports d’hiver dans les pays où se tiendront les Jeux Olympiques, que celles-ci soient tenues sous le patronage du CIO et organisées en accord avec les règles des fédérations internationales de sport concernées (Edgeworth 1994).

Le vote du CIO fut unanime, même parmi les membres Scandinaves. Le Congrès adopta cette proposition. On décida alors de permettre à la France d’organiser une semaine des sports d’hiver à Chamonix en spécifiant bien que celle-ci ne devait en aucun cas avoir un lien avec les Jeux de l’Olympiade à Paris. À la suite des Jeux Nordiques de 1922 et en prévision de la Semaine Internationale des sports d’hiver, Sigfrid Edström écrivait à Coubertin et le mettait en garde :

Les Jeux Nordiques sont terminés. Ils n’ont pas été un succès. Je crois de plus en plus aux prochains jeux internationaux à Chamonix et je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour convaincre les pays nordiques d’y participer. Si ces Jeux ont le label « internationaux », les Norvégiens, les Suédois et les Finlandais viendront tous. Il est essentiel que les jeux d’hiver n’aient pas le même caractère que les Jeux Olympiques (Allen 2000).

Les propos d’Edström peuvent nous paraître aujourd’hui qu’une simple interprétation sémantique, mais ce n’était pas le cas au début des années 20. Les Jeux appelés « Olympiques » étaient organisés, gérés et sous la juridiction du CIO, un organisme qui, aux yeux des Norvégiens, n’avait aucune notion de ce qu’était le ski.

La porte était maintenant ouverte pour les Jeux Olympiques d’hiver. Coubertin, dans ses « Mémoires Olympiques » au chapitre qui a comme titre La manœuvre de 1921, décrira le Congrès comme suit :

La série des Congrès et Conférences olympiques s’ouvrit dans une atmosphère de bonne volonté et d’entente qui faisait bien augurer de leurs résultats. Cette atmosphère se maintint pendant toute la durée des réunions, malgré le caractère épineux des questions qui se posaient et des discussions passionnées qu’elles devaient forcément soulever. Au premier rang de celles-là se trouvait le problème des « Jeux d’hiver ». Les Scandinaves n’en voulaient à aucun prix. Le patinage, en 1894, avait été compris dans l’énumération des concours désirables. Londres, qui possédait un « palais de glace », avait pu, en 1908, organiser des épreuves satisfaisantes. Mais, en 1912, Stockholm avait saisi avec empressement l’argument qu’elle n’en possédait point pour se libérer de ce numéro. Seulement, en vingt-cinq ans, non seulement les sports hivernaux s’étaient répandus dans une quantité d’autres pays, mais ils y présentaient un caractère d’amateurisme, de dignité sportive si franc et si pur, que leur exclusion totale du programme olympique lui enlevait beaucoup de force et de valeur. D’autre part, comment faire ? En plus de la résistance scandinave, il y avait ce double souci qu’ils ne pouvaient avoir lieu ni en même temps, ni au même endroit que les Jeux. Exigerait-on des Hollandais, en 1928, qu’ils érigent une chaîne de montagnes achetées à l’occasion ou faites sur mesure ? Constituer une sorte de cycle autonome et pourtant relié à son frère aîné, c’était évidemment l’unique solution, plein d’inconvénients quand même. Pour ce motif, j’avais tenu à briser la discussion par une première rencontre entre spécialistes. Le rapport, au nom de la conférence consultative, atténua en effet le choc, et finalement il fut entendu que la France – si elle était désignée (elle ne l’était pas encore, mais ne pouvait plus ne pas l’être) – aurait le droit d’organiser, en 1924, à Chamonix, une semaine des sports d’hiver, à laquelle le C.I.O. donnerait son patronage mais qui « ne ferait pas partie des Jeux ». Cette dernière clause devrait être annulée plus tard. Les « Jeux d’hiver » n’en étaient pas moins fondés malgré les Scandinaves qui finirent par renoncer à leur intransigeance et comprendre qu’en face de la Suisse et du Canada, notamment, ils ne pouvaient plus se réclamer du monopole de fait qu’ils avaient longtemps exercé (Coubertin 1931).

Le secrétaire-général du CNO français et des Jeux Olympiques de Paris en 1924, Frantz Reichel, ira également de ce commentaire :

Comment tenir [les sports d’hiver] exilés d’Olympie ? L’athlétisme moderne implique lui-même certaines disciplines qu’ignora le siècle de Périclès. À l’athlétisme, à la lutte gréco-romaine, au pentathlon ont été ajoutés le football, le polo, le lawn-tennis et la bicyclette. La France, dont le sol voit non seulement fleurir l’oranger mais aussi l’edelweiss, se doit d’être tout naturellement la première à promouvoir aussi les sports du froid même s’ils ne pouvaient se concevoir sous le siècle de Platon, sous le ciel éternellement bleu du Péloponnèse (Deschiens 1979).

La fin des Jeux Nordiques
Viktor Balck décéda en 1928 (CIO 1987). Ce triste événement ne devrait pas être sous-estimé comme ayant été un catalyseur du décès des Jeux Nordiques. Si on ajoute à cela le succès remporté par les 2es Jeux Olympiques d’hiver tenus en 1928 et la popularité grandissante du Mouvement olympique au plan international, le déclin des Jeux Nordiques était inévitable. L’édition des Jeux Nordiques prévue pour 1930 fut annulée en raison des conditions météorologiques. Par la suite, les Jeux Nordiques cessèrent alors d’être vus comme étant un événement international majeur, bien que des plans pour les organiser en 1934 furent mis de l’avant. En 1942, en pleine Deuxième Guerre mondiale, un groupe de leaders du milieu sportif tentèrent de réanimer les Jeux Nordiques (Edgeworth 1994). La proposition fut très bien reçue dans leur milieu, mais ce ne fut pas le cas pour le gouvernement et la population en général. Le gouvernement suédois répondit qu’il n’était pas à-propos d’organiser un tel événement avec la guerre en trame de fond. À la suite de cette réponse négative, le Comité d’organisation abandonna ses plans et aucun nouvel effort ne fut fait pour faire renaître les Jeux Nordiques.

Note
(1) En 1906, l’éruption du Vésuve, un volcan situé dans la région italienne de Campanie, au-dessus de la baie de Naples, cause de sévères dommages. Les Italiens, qui doivent organiser les Jeux de la IVe Olympiade à Rome, en 1908, annoncent qu’ils abandonnent ce mandat, notamment pour des raisons financières reliées à la reconstruction des secteurs dévastés par cet acte de la nature. À la suite d’une décision de dernière minute, les Jeux de 1908 sont transférés à Londres. Ce transfert a un effet direct et inattendu sur le développement des sports olympiques d’hiver. Résultat : l’inclusion du patinage artistique, seize ans avant les premiers Jeux Olympiques d’hiver à Chamonix, en 1924.

En effet, cela est possible parce que Londres possède une glace artificielle intérieure. À Stockholm, quatre ans plus tard, l’absence d’une telle installation voit le patinage artistique retiré du programme. Cependant, lors des Jeux à Anvers, en 1920, à la suite de la Première Guerre mondiale, étant donné qu’une glace artificielle couverte est de nouveau disponible, le patinage artistique est de retour au programme et l’on ajoute également le hockey sur glace.

Photos:
1. Des patineurs de vitesse sur la ligne de départ.
Source: www.slate.fr. Rapport olympique officiel de Chamonix 1924.
2. Viktor Balck.
Source: en.wikipedia.org/wiki/Viktor_Balck.
3. Pierre de Coubertin.
Source: lesenrages.antifa-net.fr

Bibliographie
Edgeworth R (1994). The Nordic Games and The Origins of the Olympic Winter Games. Citius, Altius, Fortius 2(3) : 29-37.
Yttergren L (1994). The Nordic Games : Visions of a Winter Olympics or a National Festival? International Journal of the History of Sport 11(3): 495-505.
Coubertin P (1909). Une Olympie moderne III – Le programme des Jeux. Revue Olympique, décembre, 184-7. Dans: Müller N (Éd.) (1986). Pierre de Coubertin : Textes choisis. Tome II – Olympisme. Zurich: Weidmann, 683-687.
Coubertin P (1914). La « decadence » des sports d’hiver. Revue Olympique, mars, 39-40. Dans: Müller N (Éd.) (1986) Pierre de Coubertin: Textes choisis. Tome III – Pratique sportive. Zurich: Weidmann, 246-247.
Coubertin P (1931). Mémoires olympiques. Lausanne: Bureau international de pédagogie sportive, 166-168. 200-201. Réimpression par les Éditions Revue EPS, 1996.
Müller N (1994). Cent ans de Congrès Olympiques 1894-1994. Lausanne : CIO, 120-129.
Lyberg W (1989a). The IOC Sessions, 1894-1955. Lausanne: International Olympic Committee, 318 p.
Lattimer GM (1932). III Olympic Winter Games, Lake Placid, 1932 Official Report. Lake Placid, NY: Olympic Winter Games Committee, 291 p.
Allen EJB (2000). “ We Showed the World the Nordic Way ”: Skiing, Norwegians, and the Winter Olympic Games in the 1920s. Dans: Schaffer K, Smith S (Éds.). The Olympics at the Millenium. New Jersey: Rutgers University Press, 72-88.
Deschiens G (1979). Histoire des Jeux Olympiques d’hiver : Contribution à l’Histoire de l’Olympisme et des Sports du Froid. Morzine : Éditions Jean Vuarnet, 293 p.

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